NOTE D’INTENTION

Urgence,révèle cette difficulté de savoir si ça va ou pas : quoi qu’il arrive il faut tenir debout, même si on ne sait plus très bien, ni comment, ni pourquoi. Il y a quelque chose avec les limites, dans l’espace comme dans le reste. Les limites permettent un cadre, le mur comme la barre sont une béquille pour qui perd l’équilibre. Tour à tour soignée et soignante, victime et bourreau la danseuse pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. D’une certaine façon, il s’agit d’une danse de contradictions et de paradoxes. Une oscillation entre pathétique et cocasse, somptuosité et dépouillement. Oser danser avec beaucoup de poids des choses légères et inversement… Des sacs en plastique, placentas blancs et purs, deviennent mouvement dans une danse envoûtante qui n’a plus besoin que du regard humain. On en perd la tête, justement, mais pas les fantômes et les phantasmes. La danse conjugue l’apollinien et le dionysiaque. Elle est presque classique, toute en spirales sophistiquées, puis devient soudainement très instinctive, animale. L’une et l’autre en viennent à se confondre, comme lorsque le rire et les larmes font se contracter le diaphragme exactement au même endroit.

SPIP | par Evous